L'IMPARFAIT DU SUBJECTIF



D'abord il y eut en novembre dernier, à la Scène Nationale d'Orléans, le formidable spectacle du Baro d'Evel : "Qui Som ?". Une dizaine de comédiens s'y mettait chacun un grand pot de terre crue sur la tête. Tenté de faire la même chose pour mettre un peu de distance avec certains "énergumènes taillés dans des restants de peaux de hyène" (Pierre Autin Grenier), je me suis dit que c'était le moment d'apprendre à tourner de plus grandes quantités de terre que pour un coquetier.

Mais...  surprise, je n'y suis pas arrivé, pas encore. Avec beaucoup de difficultés, ne sont sortis de l'atelier que 3 familles de pièces : Les "Pots Coupés" (pour voir), les "Pots Sucette" (partis en vrille) et des petits pots de fleurs  inappropriés à la taille du crâne d’un bonhomme. Je suis alors revenu pour les plus grandes à ma technique habituelle, le montage "à la plaque". Bien sûr, ces nouvelles têtes à la plaque m'ont fait baptiser toute la famille de "Têtes à claques"

J'ai éprouvé un tel plaisir, une telle liberté à la multiplication de ces têtes à claques que j'ai eu la révélation qu'il était plus important pour moi de mettre en avant un chemin plutôt qu'un aboutissement, un apprentissage plutôt qu'une maîtrise, jusqu'à l'affirmation de mes errements, où peut-être, certains d'entre-vous pourront se reconnaître.

Jean Couturier Mars 2026


Mes remerciements à mes amis potiers pour leurs conseils de tournage :
Sébastien Groot (céramiste pour le Baro d'Evel)
Pascal Castagné, Grégoire Lemaire, Frédéric Laubie, Alain Selvon